Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a profité de sa conférence de presse du mercredi 6 mai 2026 pour clarifier sa vision de l’après-pouvoir. Devant les journalistes réunis à la Cité de l’Union Africaine, le Chef de l’État Congolais a garanti qu’il soutiendrait son successeur et qu’il excluait tout recours à la violence politique une fois son mandat terminé.
« La responsabilité que les Congolais m’ont confiée, c’est aussi de penser aux générations à venir », a déclaré Félix Tshisekedi.
Et d’ajouter : « qu’est-ce que je vais préparer pour mon successeur ? Moi, je me mettrai à la disposition de mon successeur. Je n’irai pas prendre les armes contre lui et je me mettrai à la disposition de la République ».
Par ces mots, le Président Congolais trace une ligne de démarcation claire avec son prédécesseur Joseph Kabila. Sans jamais le nommer directement durant cette séquence, Tshisekedi répond aux interrogations sur la stabilité institutionnelle du pays.
Kabila sanctionné pour son rôle présumé dans l’Est
L’intervention survient quelques jours après la décision du Trésor américain, fin avril dernier, d’imposer des sanctions à Joseph Kabila. Washington reproche à l’ancien Président de la RDC son appui au mouvement rebelle AFC-M23. Le groupe armé contrôle toujours des zones autour de Goma et Bukavu, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Depuis 2023, Félix Tshisekedi accuse publiquement Joseph Kabila d’être le « véritable patron » de l’AFC-M23. Les autorités de Kinshasa voient dans les sanctions américaines une confirmation de leurs soupçons.
Pour les analystes, cette sortie du 6 mai vise trois objectifs. D’abord, rassurer la population sur le respect du cadre constitutionnel en 2028, année de la prochaine présidentielle. Ensuite, isoler davantage Joseph Kabila sur la scène politique nationale. Enfin, montrer aux partenaires internationaux que la RDC privilégie la voie démocratique malgré la guerre dans l’Est.
À travers cette communication, Félix Tshisekedi a lié son engagement personnel à l’intérêt supérieur de la nation.
« Ce que je vais faire pendant mon mandat ne suffit pas. Il faut préparer l’avenir sans forcément être là », a-t-il soutenu.
La question de la transmission au cœur du mandat
Élu en 2018 puis réélu en décembre 2023, Félix Tshisekedi ne peut pas briguer un troisième mandat selon la Constitution. Sa déclaration du 6 mai est la plus explicite à ce jour sur son départ futur. Elle intervient dans un climat politique tendu, marqué par les débats sur une possible réforme constitutionnelle et par un conflit armé qui a déjà déplacé plus de 7 millions de personnes depuis 2022, selon l’ONU.
À Kinshasa, la présidence assume sa position contre Joseph Kabila. Le message est clair : la passation de pouvoir devra se faire sans armes, ni rébellion.
Keren-Heliane Kambum
