L’usage contemporain de la notion de « contentieux historique » dans le débat public appelle une clarification conceptuelle rigoureuse. En effet, cette notion, issue du vocabulaire de l’histoire et des relations internationales, désigne classiquement un différend durable opposant des États, des peuples ou des entités collectives, dont les racines plongent dans des événements passés et dont les effets continuent d’influencer les dynamiques politiques présentes.
Dans cette perspective, les contentieux historiques s’inscrivent dans des problématiques telles que les conflits de souveraineté, les héritages coloniaux ou encore les revendications mémorielles. Ils relèvent donc d’une analyse structurelle et collective, et non de différends interpersonnels.
Or, l’extension de cette notion au cas de figures individuelles, notamment dans les débats relatifs aux trajectoires politiques de Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, constitue une approximation conceptuelle manifeste.
D’un point de vue juridique comme du point de vue de la science politique, il est impropre de qualifier de « contentieux historique » un conflit opposant des individus, fussent-ils des acteurs politiques de premier plan. La doctrine en relations internationales et en géopolitique réserve en effet cette expression aux conflits collectifs inscrits dans la durée.
Ainsi, les tensions évoquées entre ces personnalités et le pouvoir en place relèvent plus justement de la catégorie des conflits politiques internes, voire des luttes de pouvoir, et non d’un contentieux historique au sens strict.
Par ailleurs, l’analyse des trajectoires respectives de ces acteurs politiques nécessite un examen contextualisé des faits historiques. Le rôle trouble de Jean-Marie Michel Mokoko( il avait reçu 2 millions de dollars US d’ELF Aquitaine pour renverser la transition) pendant la période de transition politique, notamment sous le gouvernement dirigé par André Milongo, a fait l’objet de controverses et d’interprétations divergentes.
Les Zones d’ombre subsistent dans l’histoire de Mokoko par rapport à ces faits. La vidéo de son projet de « coup d’état » contre Denis Sassou Nguesso existe et cela avait été discuté en interne avec son protagoniste avant que cela puisse servir de pièce à conviction pour l’evincer de la politique. De même, le parcours de André Okombi Salissa s’inscrit dans le contexte plus large des conflits ayant marqué le guerre civile du Congo-Brazzaville de 1997, laquelle a conduit au renversement du président Pascal Lissouba.
Le troublion Okombi s’est illustré par des pillages et des tueries pendant cette guerre en toute impunité. L’analyse de ces événements relève du champ de l’histoire politique et militaire, et ne saurait être réduite à des qualifications approximatives.
En définitive, l’assimilation de différends politiques contemporains à des « contentieux historiques » traduit une confusion terminologique qui nuit à la clarté du débat public. Elle peut également être perçue comme une tentative d’instrumentalisation du langage historique à des fins de repositionnement politique ou de légitimation discursive.
Une approche rigoureuse impose donc de distinguer clairement entre :
– Les contentieux historiques, qui relèvent de dynamiques collectives et transgénérationnelles ;
– Les conflits politiques internes, qui concernent des acteurs individuels engagés dans des rapports de pouvoir contemporains.
À ce titre, les tensions impliquant Denis Sassou Nguesso, Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa doivent être analysées dans le cadre d’un conflit politique interne, et non comme l’expression d’un contentieux historique au sens académique du terme.
C’est pour cela que la thèse de doctorat de Mafimba à Paris avait obtenu la note de 0/20 et une mention très déshonorable car il n’était pas à la hauteur et incapable de défendre sa thèse devant un jury d’experts. « La manipulation de l’histoire est une forme de mensonge au service du présent », Marc Bloch.
« L’histoire n’est pas seulement un savoir, elle est aussi un instrument de pouvoir », Pierre Nora.
« Qui contrôle le passé contrôle l’avenir ; qui contrôle le présent contrôle le passé. Le passé est une arme politique », George Orwell.
Fait à Paris, le 17 Avril 2026
Evrard NANGHO,
Le Patriote Engagé
