À l’initiative du bourgmestre de la commune, Mr Poba Mayimona, le Conseil municipal de Lemba a été saisi avec une proposition de décision faisant état de la création de quatre quartiers supplémentaires dans la commune, en scindant quelques quartiers.
Si Mr Poba Mayimona peine à motiver sa « proposition » de décision, c’est surtout parce que les objectifs ne sont pas sans calculs politiques. Lemba compte, à ce jour, 13 quartiers, les uns plus petits que les autres.
Cependant, tous les quartiers de Lemba ont les mêmes problèmes, malgré qu’ils n’aient pas la même superficie : certains manquent de bureaux, plusieurs souffrent de dysfonctionnements administratifs, beaucoup suffoquent de l’inaccessibilité, d’autres se meurent de l’insécurité, tandis que la majorité s’asphyxie du manque d’eau et d’électricité.
Il est donc difficilement compréhensible que l’on veuille passer de 13 à 17 quartiers alors même qu’on peine à trouver des solutions alternatives aux problèmes qui minent notre municipalité et rongent son fonctionnement.
Il est établi que les problèmes récurrents d’insécurité, d’insalubrité, de violence, d’anarchie, de pénurie d’eau et d’électricité, de pollution sonore, de marchés pirates, d’inaccessibilité et même l’abandon de la gestion quotidienne ne sont pas liés au nombre de quartiers ni à leur étendue. Le problème de la présence de l’autorité de l’État étant réglé par la déconcentration des entités jusqu’au niveau des rues.
C’est uniquement un problème de management, de volonté politique et d’un réel engagement envers la population.
Il n’y a pas nécessité de créer de nouveaux quartiers. Non seulement c’est inopportun, mais c’est aussi mesquin et dangereux de vouloir tirer des avantages personnels dans une telle démarche.
En effet, le bourgmestre qui propose la création de quatre nouveaux quartiers le fait en violation flagrante de la Loi organique n° 08/016 du 07 octobre 2008 portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées et leurs rapports avec l’État et les Provinces, qui stipule en son Article 50, point 6, que seul le Conseil municipal a les attributions d’élaborer et de délibérer sur le « Plan d’aménagement de la commune », alors que le bourgmestre, en tant que chef du collège exécutif communal, exécute simplement ce Plan, conformément à l’article 59, point 12 de cette même loi.
Il s’agit donc d’une volonté manifeste de violer la loi et d’empiéter sur les prérogatives des conseillers municipaux, d’autant plus que la proposition inclut déjà des noms pour les nouveaux quartiers, dont celui du bourgmestre lui-même.
Mr Poba veut qu’un quartier de Lemba porte son nom !
Nous savons que les noms des différents quartiers sont intrinsèquement liés à l’histoire de notre municipalité, mais l’actuel bourgmestre veut profiter de sa fonction pour s’arroger un nom dans la commune. S’il ne s’agit pas d’un délit d’initié, il s’agit bien d’un conflit d’intérêts, voire d’un détournement de l’action publique.
En sus, le nom de l’actuel Gouverneur de la Banque Centrale, Wameso, serait avancé comme nom de l’un des quartiers à créer. Il s’agit ici d’un acte de prévarication, de vénalité et de mercantilisme sans précédent.
Si l’on ne peut pas remettre en cause la filialité de Monsieur André Wameso avec la commune de Lemba, on ne peut pas non plus comprendre pourquoi des personnalités historiques et engagées de la commune, comme Hugo Tanzambi, n’ont pas été reconnues au point de donner leurs noms à un quartier.
En définitive, l’absence d’un nouveau lotissement à Lemba prouve l’absence de nécessité et l’urgence de créer de nouveaux quartiers.
Cette démarche égocentrique et mesquine est une énième tentative visant à détourner l’action publique à des fins personnelles et à fouler aux pieds les attributions des conseillers municipaux, élus directs et légitimes de la population lembathèque.
Tribune de Ben-Bryant MBUYI,
Leader de Lemba et candidat député provincial aux dernières élections.
