La diffusion récente d’un enregistrement audio attribué au député Ninon Ngouamba, membre du Parti Congolais du Travail (PCT), suscite de vives interrogations tant sur le plan politique que juridique. Dans cet extrait largement relayé sur les réseaux sociaux, l’intéressé s’en prend de manière virulente à Digne Elvis Okombi, en réaction à des propos présentés comme ayant été sortis de leur contexte, relatifs à l’investiture du Président Denis Sassou Nguesso.
Au-delà du caractère polémique de cette intervention, son contenu appelle une analyse plus substantielle. En effet, les déclarations du député semblent suggérer une implication directe du PCT dans des pratiques électorales contestables, ce qui est de nature à porter atteinte à la crédibilité et à la sincérité du processus électoral. De tels propos, émanant d’un élu de la République, sont susceptibles d’alimenter le doute dans l’opinion publique quant à la transparence des opérations électorales.
Par ailleurs, cette prise de parole intervient dans un contexte où, conformément à la législation électorale en vigueur, la période de campagne est légalement close. Dès lors, la question de la légitimité et de la base juridique de cette intervention se pose avec acuité : en quelle qualité un député peut-il, en dehors du cadre légal de la campagne, s’exprimer publiquement sur des enjeux liés à l’investiture présidentielle, au risque d’être perçu comme participant à une forme de propagande politique hors délai ?
Il convient de rappeler que, dans un État de droit, l’ensemble des activités politiques est strictement encadré par la loi. À ce titre, le PCT, en tant que parti au pouvoir, est tenu à une obligation renforcée d’exemplarité et de respect des normes juridiques applicables.
En outre, la fonction parlementaire, telle que définie par les principes constitutionnels, ne saurait se confondre avec une mission de communication partisane. Le rôle du député consiste prioritairement à exercer un contrôle sur l’action gouvernementale et à participer à l’élaboration de la loi. Toute dérive vers une posture de propagandiste est susceptible de constituer un manquement aux obligations inhérentes à la charge parlementaire.
Dans ce contexte, il apparaît légitime que des voix s’élèvent pour appeler le PCT à assumer pleinement ses responsabilités politiques face à cette sortie médiatique. Celle-ci pourrait, en effet, être analysée comme révélatrice d’un manquement aux exigences de réserve, de responsabilité et de loyauté institutionnelle qui s’imposent à tout représentant du peuple.
Dans une démocratie, la parole publique d’un élu n’est jamais anodine. Elle oblige. Et lorsqu’elle déraille, elle appelle des conséquences.
« Quand les représentants du peuple cessent de le représenter, la démocratie devient une fiction », inspirée de la pensée de Jean-Jacques Rousseau.
« Les élus ne sont pas propriétaires du pouvoir, ils n’en sont que les dépositaires temporaires », formulation dans l’esprit de Montesquieu.
« Le pouvoir tend à corrompre, et le pouvoir absolu corrompt absolument », John Dalberg-Acton.
Fait à Paris, le 14 Avril 2026
Tribune de Evrard NANGHO,
Le Patriote Engagé.
