Excellence Monsieur le VPM de l’Économie, Daniel Mukoko Samba,
La situation qui prévaut en Ituri depuis près de deux semaines est extrêmement préoccupante. Si une telle crise se produisait à Kinshasa, une solution urgente aurait déjà été trouvée.
Dans vos calculs relatifs aux pertes et au manque à gagner, vos services pénalisent lourdement les pétroliers opérant dans l’Est du pays. En raison de l’insécurité et du très mauvais état des routes, nous supportons un coût de transport d’environ 510 $ par m³, alors que vos services ne retiennent que 185 $, un montant totalement déconnecté de la réalité du terrain.
À cela s’ajoute un autre problème majeur : les manques à gagner de 2024 ainsi que ceux des périodes T1 et T2 de 2025 pour l’Est et le Sud n’ont jamais été payés, contrairement à ce qu’annoncent certains communiqués.
La situation est encore aggravée par un incident grave survenu à Djugu, où un chauffeur a été tué par un militaire. Depuis cet événement, plusieurs chauffeurs refusent de reprendre la route par crainte pour leur sécurité.
Dans le même temps, certains transporteurs tentent d’augmenter les prix du transport, au-delà même des 510 $ par m³ que nous payons déjà.
Par ailleurs, la complexité du système de paiement nous pénalise également : nous devons convertir les shillings en dollars, puis trouver des francs congolais pour payer les droits et taxes, ce qui multiplie les pertes liées au taux de change.
Depuis une semaine, les livraisons de carburant sur l’axe Bunia – Kisangani sont presque à l’arrêt. Les stocks diminuent rapidement et une pénurie se profile dans toute la région.
Si cette situation se produisait à Kinshasa, une solution aurait déjà été trouvée. Beaucoup commencent donc à percevoir cela comme une injustice territoriale (discrimination) qui doit être corrigée rapidement.
L’Est mérite la même attention et la même réactivité de l’État.
Tribune de Christian Ilunga Mutombo,
Opérateur économique et acteur politique Congolais.
