Lors de la réunion annuelle du Comité National Économique et Financier (CNEF), le Ministre des Finances, Christian Yoka, a mis en avant une amélioration de la situation macroéconomique du Congo, soutenue par des perspectives jugées encourageantes. La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) confirme d’ailleurs cette dynamique, avec une croissance projetée à 5,3 % en 2026.
Mais derrière ces indicateurs flatteurs se cache une réalité plus préoccupante : une croissance déconnectée du vécu des citoyens.Cette expansion économique n’est ni inclusive ni transformatrice. Elle ne génère ni emplois massifs, ni amélioration tangible du pouvoir d’achat. En d’autres termes, elle reste statistique, sans traduction sociale. Le Congolais moyen demeure à l’écart de cette dynamique, qui ne produit pas de véritable valeur ajoutée dans l’économie réelle.
Plus inquiétant encore, cette croissance repose en grande partie sur une augmentation des crédits au secteur privé, dont l’encours atteint 1 300,7 milliards de F CFA. Ce levier financier, loin d’impulser une transformation structurelle, révèle une économie sous perfusion, dépendante de mécanismes d’endettement plutôt que d’investissements productifs.
Parallèlement, l’État poursuit une trajectoire budgétaire marquée par un creusement du déficit et un recours accru à l’endettement, sans que ces ressources ne se traduisent par des politiques publiques efficaces ou des investissements structurants. L’absence de stratégie d’investissement cohérente compromet toute perspective de croissance durable et inclusive.
Quant à la maîtrise de l’inflation, annoncée à 2,7 %, en dessous du seuil de 3 % fixé par la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), elle ne saurait être présentée comme une victoire. Cette performance, purement technique, reste sans effet concret sur le quotidien des ménages.
En définitive, l’économie congolaise évolue dans un cadre empirique, sans véritable cap stratégique. Elle affiche des performances macroéconomiques, mais échoue à produire du progrès économique et social. Une croissance sans inclusion, sans redistribution et sans transformation n’est, au fond, qu’une illusion de développement.
« Quand l’économie est mal gouvernée, la croissance devient un chiffre, et la pauvreté une réalité », Internaute.
« Une politique économique inefficace est celle qui enrichit les indicateurs et appauvrit les citoyens », Internaute.
« Quand l’endettement remplace l’investissement, ce n’est plus une politique économique : c’est une fuite en avant », Internaute.
Fait à Lille, le 2 Avril 2026
Tribune de Evrard NANGHO,
Le Patriote Engagé
