La réélection écrasante du Président Denis Sassou Nguesso lors du scrutin du 15 mars 2026, avec un score avoisinant les 95 %, a suscité à la fois stupeur et interrogations. Un tel résultat, qualifié de « soviétique », pourrait laisser croire à une adhésion populaire massive. Mais de quelle adhésion parle-t-on réellement ?
Il est temps d’affronter la réalité avec lucidité, même lorsqu’elle dérange. Cette victoire ne saurait être interprétée comme un plébiscite des performances du Gouvernement actuel, bien au contraire. Depuis le retour au pouvoir du Chef de l’État, une constante s’impose : les mêmes figures, les mêmes méthodes, et malheureusement, les mêmes résultats insuffisants. Cette permanence du personnel politique a fini par devenir un frein structurel au développement du pays.
Un fait révélateur ne peut être ignoré : la prise de parole publique de son propre fils, lui-même membre du système, dénonçant avec virulence les dysfonctionnements gouvernementaux.
Une telle sortie traduit non seulement un malaise interne profond, mais surtout l’échec manifeste d’une équipe incapable d’améliorer significativement les conditions de vie des Congolais.
Contrairement aux apparences, ce taux de participation et ce score écrasant ne traduisent pas un enthousiasme populaire débordant. Ils dissimulent plutôt un ras-le-bol généralisé.
Le peuple congolais exprime une fatigue profonde face à une élite politique inchangée depuis des décennies, qui peine à produire des résultats concrets et durables.
Et pourtant, le paradoxe est frappant : les ressources humaines ne manquent pas. Au sein même de l’entourage présidentiel existent des profils compétents, capables d’impulser un véritable changement.
À cet égard, la figure de Maixent Raoul Ominga apparaît comme emblématique. Dans un contexte marqué par des scandales financiers à répétition et des atteintes à l’image de l’État, ses réalisations d’envergure ont ravivé une lueur d’espoir. Elles démontrent qu’une autre gouvernance est possible, faite d’efficacité, de résultats et d’engagement.
Le message du peuple est sans ambiguïté : non à la reconduction automatique de la même équipe gouvernementale. Si l’on admet volontiers qu’on ne change pas une équipe qui gagne, que dire d’une équipe qui échoue de manière répétée ?
La loyauté envers le Chef de l’État ne saurait, à elle seule, justifier une longévité politique. Elle doit s’accompagner de résultats tangibles.
L’exemple de Maixent Raoul Ominga illustre parfaitement cette exigence : fidélité et performance peuvent coexister. C’est ce type de leadership que les Congolais aspirent à voir émerger et s’imposer.
À l’aube de ce qui pourrait être un mandat décisif, Denis Sassou Nguesso ne peut se permettre de reproduire les mêmes schémas. Persister dans la reconduction d’une équipe perçue comme inefficace reviendrait à ignorer la colère latente d’un peuple exaspéré par l’immobilisme, l’inaction et les dérives financières.
La nature elle-même nous enseigne que le renouvellement est une condition de survie. Pourquoi alors condamner le Congo à l’immobilisme ? Pourquoi maintenir aux commandes des acteurs devenus symboles d’inefficacité et de stagnation ?
Une question fondamentale se pose : le rôle d’un ministre est-il de constater les problèmes ou de les résoudre ?
Les Congolais n’attendent plus des diagnostics, mais des solutions concrètes.
Ce mandat, s’il n’est pas accompagné d’un profond renouvellement, pourrait se transformer en période de grandes turbulences.
Car au sein même du système, certains ne semblent pas engagés dans une dynamique de progrès, mais plutôt animés par des ambitions personnelles, voire des stratégies de succession.
L’heure n’est plus à la continuité, mais à la rupture. Le Congo a besoin d’un nouveau souffle, d’une nouvelle équipe, d’une nouvelle vision.
« La colère du peuple n’est jamais spontanée : elle est toujours le fruit d’une longue patience trahie ».
« Quand un peuple se met en colère, ce n’est pas qu’il devient dangereux, c’est qu’il a été trop longtemps ignoré ».
« La colère populaire est le dernier langage de ceux que le pouvoir refuse d’écouter ».
« On peut contenir un peuple, on ne peut pas éternellement étouffer sa colère ».
Fait à Paris, le 28 mars 2026
Tribune de Evrard NANGHO,
Le Patriote Engagé
