La problématique de la formation socio-professionnelle et continue au Congo-Brazzaville (Evrard Nangho)

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Notre pays fait face aujourd’hui à un grand déficit de formation socio-professionnelle et continue de nos fonctionnaires, car l’État reste le plus grand employeur. Cette problématique avait déjà été posée en 2013 entre l’Agence Française de Développement (AFD) et le Congo. Selon le communiqué de l’AFD, « l’emploi et la formation professionnelle constituent un enjeu particulièrement important au Congo dans un contexte de forte croissance économique, marqué par l’expansion du marché du travail et de l’offre d’emploi. Cependant, les entreprises du secteur privé comme l’administration peinent à trouver du personnel de qualité et adapté aux besoins », a précisé l’AFD en conclusion de cette table ronde.(source Adiac).

Depuis lors, nous continuons à constater sur le terrain l’impact de ce manque du personnel de qualité au niveau de l’administration publique, voir dans le secteur privé. Le projet « Mossala » initié par l’ambassade de France, de l’union Européenne, l’AFD et le Congo n’a pas produit des résultats escomptés. Le Congo fait fasse à un manque criard de formation socio-professionnelle et continue.

Pour lutter efficacement contre le chômage endémique des jeunes, nous devons mettre en place des structures de formation telles que les CFA (Centre de Formation d’Apprentis) dont le but est de combiner l’enseignement théorique en centre et la pratique en entreprise. L’objectif principal d’un CFA est de permettre aux apprentis d’acquérir des compétences professionnelles et d’obtenir un diplôme ou un titre reconnu.

La formation socio-professionnelle doit venir en appui à la formation académique. Les deux ont des approches distinctes de l’apprentissage, chacune ayant ses propres objectifs et modalités. La formation socio-professionnelle se concentre sur l’acquisition de compétences pratiques et l’insertion dans le monde du travail, tandis que la formation académique met l’accent sur l’acquisition de connaissances théoriques et la poursuite d’études supérieures. Le tout doit être couronné par la formation continue.

La formation continue est essentielle pour le développement professionnel et la compétitivité, tant pour les individus que pour les entreprises. Elle permet aux salariés ou fonctionnaires de maintenir et d’améliorer leurs compétences, de s’adapter aux évolutions technologiques et d’augmenter leur employabilité. Pour les entreprises ou l’administration, la formation continue est un investissement stratégique qui favorise la fidélisation des employés, l’innovation et la performance globale. Dans un monde en constante évolution, la formation continue est devenue une nécessité pour les individus et les entreprises. Elle permet aux employés de maintenir leurs compétences à jour et d’acquérir de nouvelles connaissances tout au long de leur carrière.

Il est plus que temps que le Gouvernement Congolais prenne vraiment à bras le corps cette problématique en mettant en place une vraie stratégie nationale de formation socio-professionnelle et continue pour sortir notre pays du marasme économique que nous connaissons aujourd’hui. Le miracle viendra par le travail, par la conjugaison de la formation académique et socio-professionnelle. Les déficits en structure de formation ou la qualité de l’offre de formation proposée sont à revoir de fonds en comble. Tout s’imbrique, ceci concerne aussi la formation académique (les enseignants et les élèves). Cela doit être une priorité nationale si nous voulons relever notre tête dans ce monde en constante évolution. Une fois de plus, ce n’est pas aux étrangers de le faire à notre place comme à l’accoutumé. Le développement du Congo ne viendra que des Congolais, pas des étrangers.

En somme, cette question doit faire l’objet de débat lors de la campagne de l’élection présidentielle de mars 2026. Plusieurs initiatives sont mises en œuvre au travers du pays mais on oublie que le tout doit soldé par une formation socio-professionnelle adéquate pour permettre aux bénéficiaires de consolider leur acquis et de faire face à toutes les mutations qui pourront se présenter à eux. Notre pays en a énormément besoin, c’est un challenge qui doit impliquer tous les Congolais pour qu’ensemble nous puissions sortir notre pays de la ruine.

« Ne cesse jamais d’apprendre car la vie ne cesse jamais d’enseigner », Ouest France.

« Le plus grand ennemi de l’apprentissage, c’est ce que nous pensons déjà savoir », Gandhi.

Fait à Brazzaville, le 21 juillet 2025

Evrard Nangho,

Le Patriote Engagé

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