Par Jean Serge Tshiben, Kabiliste inconditionnel, observateur de la mémoire collective, et militant de la vérité historique.
« La liberté d’expression est la base de toute autre liberté », Benjamin Constant.
« Lorsque la liberté de la presse est entravée, la vérité devient clandestine », Aimé Césaire.
En ce 3 mai, jour consacré à la célébration mondiale de la liberté de la presse, la République Démocratique du Congo ne devrait pas festoyer, mais se recueillir. Car ce jour, censé être celui des journalistes, n’est en réalité qu’un miroir brisé reflétant l’effondrement progressif et systématique des libertés fondamentales. Le régime Tshisekedi, dans une dérive autoritaire manifeste, piétine sans vergogne les fondements même de l’État de droit.
L’article 23 de la Constitution de la RDC garantit la liberté d’expression. L’article 24 assure la liberté d’informer et d’être informé. L’article 25 consacre la liberté de presse. Et pourtant, en pratique, ces textes sont réduits à des fictions constitutionnelles, sacrifiés sur l’autel d’une gouvernance dominée par la peur, la censure et la propagande.
Une rhétorique officielle comme camouflage d’un appareil répressif
Le discours prononcé par le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) n’était rien d’autre qu’un exercice d’auto-hypnose étatique. Plutôt que d’être la sentinelle de la vérité, cette institution s’est muée en gardienne servile du mensonge d’État. Nier les violations de la liberté de presse en RDC relève non seulement de la mauvaise foi institutionnalisée, mais d’un outrage intellectuel à la réalité que vivent chaque jour les journalistes congolais : intimidations, arrestations, exils forcés, détentions arbitraires, meurtres non élucidés. Ce n’est plus un climat : c’est une stratégie de terreur médiatique.
Une dégringolade inquiétante : chronique d’une régression démocratique
Félix Tshisekedi s’emploie, par une violence douce mais efficace, à délégitimer les voix critiques. Il faut le dire sans fard : la RDC n’est plus une démocratie fonctionnelle. Elle devient une zone grise où l’ombre de la répression avance à visage découvert.
Liste noire : journalisme en RDC : un métier à haut risque. La liste est accablante, insoutenable même :
- – Pero Luwara, Steve Wembi, Stanislas Bujakera, Bibi Kapinga, Merveil Irenge, contraints à l’exil.
- – Yves Buya, Ludovic Kalengay, Louis France Kuzekisa, ont été enlevés ou incarcérés arbitrairement.
- – Patrick Lokala, torturé devant ses enfants et sa femme puis détenu illégalement pendant plus de trois mois au parquet.
- – La journaliste Paulette Kimuntu menacée plusieurs fois, interpellée alors qu’elle devait voyager.
- – La journaliste Élysée Odia venait de subir les menaces en direct venant d’un Ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
- – Tatiana Ossango, emprisonnée et détenu pendant plusieurs semaines sans motif légal.
- – Patient Ligodi, tabassé en plein exercice de ses fonctions lors d’une activité de l’opposition à Tshangu.
- – Le journaliste Pius Romain Rolland a été arrêté, enlevé et jeté à Makala sans raison valable.
- Et un autre journaliste a été retrouvé mort il y a quelques mois à Lubumbashi.
Le journalisme est devenu un acte de bravoure, être journaliste en RDC, c’est frôler chaque jour la disparition.
Loi du silence et impunité organisée
Pendant que les médias indépendants sont réduits au silence par des suspensions administratives illégales, les médias progouvernementaux prospèrent dans la diffamation et la propagande. L’inégalité de traitement est flagrante, systémique et assumée.
Un appel au monde libre : l’indifférence est complicité . À la Communauté Internationale, aux Nations-Unies, à Reporters sans Frontières, à la CPI, à l’Union Africaine : votre silence est une approbation tacite.
Il est temps de sortir de la diplomatie molle. Exiger la fin des exactions, c’est refuser de voir la RDC sombrer dans une dictature molle qui se prétend démocratique.
Conclusion : Non à l’amnésie, oui à la résistance. La liberté de la presse n’est pas un luxe. Ce n’est pas une faveur du pouvoir. C’est une exigence constitutionnelle, un droit sacré, un rempart contre la barbarie institutionnelle. « La presse libre peut être bonne ou mauvaise, mais sans liberté, la presse ne sera jamais que mauvaise », Albert Camus .
En ce 3 mai, nous ne célébrons pas, nous dénonçons.Nous ne nous inclinons pas, nous résistons.
Que vive la liberté. Que vive la presse libre. Que périssent les chaînes de la peur.
#JST : Kabiliste inconditionnel
