La déclaration du Président Denis Sassou Nguesso à Djambala, affirmant que la fonction publique ne peut plus absorber la demande d’emploi et que les jeunes doivent désormais se prendre en charge, marque un tournant décisif. Elle pose une vérité économique incontestable : aucun pays ne s’est développé durablement en s’appuyant exclusivement sur l’emploi public. Mais cette vérité, aussi lucide soit-elle, révèle en creux une défaillance majeure de l’action gouvernementale. Car affirmer que les jeunes doivent entreprendre ne suffit pas ; encore faut-il créer les conditions réelles de cette autonomie économique.
Le Congo fait face à une équation explosive : une population majoritairement jeune, un chômage massif et une absence de perspectives structurées. Cette situation constitue une menace directe pour la stabilité sociale et politique. Sans réponse forte, elle alimente déjà des phénomènes inquiétants, notamment la montée du banditisme urbain.
Le problème n’est pas l’absence de vision présidentielle, mais l’incapacité à la traduire en politiques publiques efficaces. La chaîne stratégique est rompue : le cap est donné, mais l’exécution échoue. Le bilan des dernières années en matière de politique de jeunesse est sans appel : manque d’impact, absence de résultats mesurables, et perte de confiance des jeunes.
Sur le plan économique, le véritable levier reste le développement d’un secteur privé national solide. Or, aujourd’hui, entreprendre au Congo relève du parcours du combattant. Lourdeurs administratives, insuffisance d’accompagnement, accès limité au financement, et concurrence perçue comme défavorable face aux acteurs étrangers : autant de freins qui paralysent l’initiative locale.
Cette situation traduit un déficit structurel de réformes. L’émergence d’une classe d’entrepreneurs congolais ne peut se faire sans un environnement propice : simplification administrative, justice économique équitable, accès au crédit et valorisation des compétences locales.
Au-delà des politiques économiques, c’est une transformation culturelle qui s’impose.
L’entrepreneuriat doit être intégré dès le système éducatif comme une voie d’avenir crédible. Former des jeunes à chercher un emploi ne suffit plus ; il faut désormais les préparer à en créer.
Par ailleurs, les dispositifs existants, bien que prometteurs, souffrent d’un déficit de gouvernance et d’efficacité. L’exemple du Fonds d’Impulsion, de Garantie et d’Accompagnement illustre cette problématique : de bonnes intentions compromises par une mise en œuvre défaillante.
Il est également illusoire de penser que les investissements étrangers, à eux seuls, résoudront le chômage endémique. Le développement durable repose avant tout sur une dynamique interne, portée par une classe moyenne active, productive et innovante.
En définitive, l’enjeu dépasse la simple question de l’emploi. Il s’agit d’un choix de modèle de société. Sans une réforme profonde, cohérente et courageuse des politiques publiques en faveur de la jeunesse, le pays continuera de subir les conséquences d’une génération en attente.
L’urgence est donc claire : passer des discours aux actes, et bâtir une stratégie nationale ambitieuse, centrée sur l’emploi des jeunes, moteur essentiel de la stabilité et du développement du Congo.
« Une jeunesse sans emploi est une nation sans avenir, car l’inaction d’aujourd’hui prépare les crises de demain », Internaute.
« Le chômage des jeunes est une bombe à retardement : soit on investit dans leur avenir, soit on subit les conséquences », internaute.
Fait à Paris, le 24 mars 2026
Tribune de Evrard NANGHO,
Le Patriote Engagé
